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Le presbytère et la mairie

Au 18e  siècle, l’Alsace fait, depuis un bon moment, partie du domaine du Roi de France. Après sa conquête militaire, le monarque « très chrétien », Louis le quatorzième s’applique à conquérir, en douceur, le cœur des populations annexées.

Le curé, homme d’Église, sera aussi le missionnaire du souverain. Du haut de sa chaire, il annonce les faits importants du royaume : les guerres, les traités de paix, les naissances royales, etc … Dans la perspective de ce rôle essentiel dans la hiérarchie sociale du royaume, il convient de loger dignement son représentant et c’est ainsi qu’apparaissent, tout au long du 18e siècle, un grand nombre de maisons curiales qui vont représenter l’autorité royale et l’Église.DSCF0604

Pour satisfaire à cet esprit, la cure doit être le plus prestigieux bâtiment du village, se distinguer de la masse des habitations à la fois par le style, la qualité des matériaux, sa couleur blanche, par une implantation qui se situe de préférence en hauteur et généralement à l’écart des habitations communes. La maison curiale doit toujours occuper une place prééminente dans le paysage bâti et sa présence se doit d’être un témoignage matériel de la domination du Roi et de l’Église.

Notre presbytère répond parfaitement aux conditions exigées par l’administration royale. Ce n’est pas sans raison que les presbytères du Sundgau ont tous un petit air de famille. Leur construction a été réalisée en respectant les nombreux critères et les plans-types réalisés par la «Corporation des Ponts et Chaussées de Basse Alsace ».

En 1737, après une longue procédure, les jurés et les habitants du village, ayant obtenu la présence permanente d’un ecclésiastique résidant dans leur paroisse, la construction du presbytère devenait indispensable.

Le chapitre de Masevaux en est le maître d’œuvre et c’est sous l’administration de la 31e abbesse, Marie Jacobea zu Rhein qui œuvra de 1686 à 1752, que sera réalisé le vœu des habitants de Bourbach-le-Bas.

L’achat du terrain, négocié par les représentants de l’Abbaye de Masevaux, a eu lieu le 17 février 1743, à savoir : Vier mannwerk matten auprès de Frantz Rudolf Schlosser de Bourbach-le-Bas pour la somme de 303 livres tournois plus une taxe de 2 livres stebler.

Il est permis de supposer que le bâtiment a été construit peu après.

L’architecte de l’Abbaye de Masevaux est un nommé Julien Bernard, sans doute originaire de Bussang. Il s’occupe des travaux relevant de la responsabilité des Dames abbesses de la seigneurie de Masevaux dont Bourbach-le-Bas fait partie jusqu’à la révolution.

Le curé disposera aussi d’un jardin, d’une étable, d’une grange pour abriter les récoltes, le matériel agricole ainsi que des biens fonciers. Nous ne sommes pas très certains que les villageois aient bien assimilé le symbole du représentant du roi car aux yeux de ses administrés, il est aussi une sorte d’exploitant agricole.DSCF0599

Pendant la Révolution française, le 2 novembre 1789, l’Assemblée Nationale prononce la confiscation des biens de l’Église qui seront vendus et la commune s’attribue le presbytère. Celui-ci sera restitué officiellement en 1824 à la communauté catholique mais il a certainement conservé, pendant les cinq années, ses fonctions de maison curiale car il faut relever qu’il y a eu, pendant la crise révolutionnaire, une succession de prêtres jureurs qu’il a fallu loger.

Le presbytère perd sa fonction originelle en 1985, date du départ du dernier prêtre affecté à la paroisse.

Un étage de la grande bâtisse est loué à une famille de particuliers, le bureau de Poste s’installe le 1er octobre 1987 et le conseil de fabrique y siège.

Réhabilitation du presbytère en centre administratif communal

Lors de la séance du 26 octobre 2001, le conseil municipal décide de prendre contact avec l’ADAUHR (Agence d’aménagement et d’urbanisme du Haut-Rhin) pour l’élaboration d’une convention de conseil et d’assistance (prestation gratuite) afin de faciliter la réflexion sur la réaffectation des bâtiments communaux : le presbytère dans lequel se trouvait également l’agence postale, la mairie-école située 1, rue de l’École, et l’école située 9, rue de l’Église, le but de cette réaffectation étant de regrouper les écoles dans un seul bâtiment, et surtout d’installer la mairie dans des locaux plus spacieux et plus fonctionnels.

L’étude menée  par l’ADAUHR a mis en évidence que seule la mairie-école pouvait recevoir le pôle scolaire, le presbytère qui a une valeur patrimoniale et architecturale, de par sa situation au cœur du village et de par sa superficie, pouvant quant à lui, après réhabilitation, convenir pour un centre administratif communal regroupant la mairie, l’agence postale, ainsi que les locaux associatifs.

Le 28 février 2003, le conseil municipal autorise le maire à signer la convention d’assistance à maître d’ouvrage avec l’ADAUHR.

Le 25 juillet suivant, l’équipe municipale prend connaissance de l’estimation sommaire faite par l’ADAUHR pour un montant total de 612 352 € TTC.

Le 23 avril 2004, le Conseil Municipal prend finalement la décision de procéder à la réhabilitation du presbytère en se portant maître d’ouvrage de l’opération.

Le 2 juillet suivant, après examen des résultats de la mise en concurrence de 3 équipes d’architectes, le conseil choisit de confier les travaux au cabinet Legros-Coiffier.

Il est difficile d’imaginer le nombre incroyable de formulaires et de documents nécessaires à cette rénovation. La mise en conformité exigée pour chaque modification et les exigences de sécurité sont très contraignantes. Entre autres, un ascenseur doit être aménagé  pour l’accueil des personnes handicapées. Un énorme travail que la secrétaire de mairie tient à jour et qu’elle soumet à l’approbation des élus. Ceux-ci ont leur mot à dire en étudiant toutes les solutions proposées et en les corrigeant parfois avec efficacité.

Il en sera de même pour les demandes de subventions aux différents organismes habilités à la distribution de la manne publique car les travaux nécessaires sont maintenant estimés à

795 933 € (les subventions escomptées s’élèvent à 180 000 €).

L’avant-projet établi par le cabinet Legros-Coiffier a été présenté à la population et à la presse lors de la réception des vœux  du Nouvel An. Il a également  fait l’objet d’une réunion publique où les participants ont pu assister à la projection des photos de la rénovation du presbytère de Hundsbach qui, datant de la même époque, est d’une architecture quasi identique.

Parallèlement, une étude est en cours pour la construction d’une chaufferie automatique centralisée bois/fuel permettant de chauffer via un réseau de chaleur, l’ensemble des bâtiments communaux situés au cœur du village.

Réalisation

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Le 12 juillet 2005, le permis de construire est délivré.

Le 18 juillet a lieu l’ouverture des offres, suite à  l’appel d’offres  lancé le 5 juin 2005.

Le 28 juillet, après étude approfondie, la commission « appel d’offres » retient les entreprises qui seront chargées de l’exécution des travaux, choix validé par le conseil municipal qui autorise le maire à signer les marchés nécessaires qui finalement se chiffreront à 768 248 €.

Il faudra ajouter l’aménagement d’une chaufferie automatique centralisée bois/fuel dans le bâtiment annexe pour un montant de 313 528 €.

Les artisans choisis vont se mettre à l’œuvre sous l’œil vigilant du 1er adjoint qui visitera journellement le chantier.

Le planning des travaux étant respecté, la mairie et l’agence postale accueillent le public dans les nouveaux locaux à partir du 5 mars 2007.

L’inauguration officielle aura lieu le samedi 13 octobre 2007 en présence d’un parterre important de personnalités politiques alsaciennes. La bénédiction religieuse est organisée par la Communauté des paroisses.

Et c’est ainsi qu’à Bourbach-le-Bas, en l’an 2007, la maison curiale représentant l’antique domination du Roi et de l’Église a cédé ses locaux au contre-pouvoir de l’esprit républicain et les deux symboles ont fusionné pour aboutir à l’élaboration d’une superbe mairie, marquant ainsi la domination de l’esprit des temps nouveaux.