Les pommes de terre

Comme nombre de légumes de nos potagers, celui qu’on appelle familièrement patate nous vient du Nouveau Monde. Les Espagnols la ramènent en Europe vers la fin du XVIe siècle, où elle s’implante timidement avant qu’un certain PARMENTIER ne lui donne ses lettres de noblesse.

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La pomme de terre préfère les sols légers, légèrement sablonneux et craint les terres lourdes, compactes et humides. Plante exigeante, elle demande que vous la fertilisiez par une fumure au moment de la préparation du sol. Attendez que la terre soit bien réchauffée et les risques de gelées écartés avant de mettre les plants en terre. Pour les cultures hâtives, utilisez un voile de forçage. Espacez les plants de 30 à 40 cm sur le rang et 60 à 70 cm entre les rangs. Des plants bien aérés risquent moins de contracter le mildiou.

Côté ravageurs et maladies, les choses sont moins simples. En effet, les restrictions d’utilisation des produits de traitement ont rendu la lutte contre les ennemis de la pomme de terre très délicate. Le doryphore, dont les larves particulièrement voraces provoquent des ravages en peu de temps, a réussi à s’adapter et est devenu insensible à la plupart des produits insecticides destinés au grand public et commercialisés aujourd’hui. Par conséquent, plutôt que de s’entêter à dévaliser les rayons phytosanitaires des jardineries, souvent sans résultat probant, mieux vaux tenter dans un premier temps une lutte biologique.
Ramasser quotidiennement les adultes avant la ponte qui intervient sous les feuilles. Pareil pour les larves qui semblent peiner à remonter sur la plante une fois tombées à terre.
Une autre astuce consiste à planter des plantes pièges, sur lesquelles va se concentrer l’infestation, comme l’aubergine dont rafole le doryphore. Le ramassage en sera facilité.
Le purin d’ortie semble lui aussi efficace. A priori ces charmants coléoptères ne sont pas insensibles à une pulvérisation de purin d’ortie dilué à 10%. 24 heures plus tard il a été constaté que la population avait diminué d’environ 90%.

Le doryphore hiberne dans le sol. Lors de son retour à la surface il lui faut se nourrir de jeunes plants de pommes de terre pour sa survie. De ce fait, la plantation tardive permet également de limiter les attaques.

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Quant au mildiou, c’est un véritable fléau pour les cultures de pommes de terre. C’est un champignon qui se développe rapidement en condition climatique humide. La pluie peut entraîner les spores dans le sol et infester les tubercules, les rendant impropres à la consommation. Le mildiou se caractérise par des taches brunes sur les feuilles et les tiges. Rapidement, tout le plant est atteint et contamine son entourage et les cultures voisines.
Mieux vaut agir préventivement et traiter à la bouillie bordelaise avant le buttage. Par la suite, surtout en cas de forte humidité, privilégiez un traitement avec un produit à base de mancozèbe, plus efficace. Les traitements répétitifs à la bouillie bordelaise sont à proscrire, le cuivre étant nocif.

Les premiers arrachages peuvent avoir lieu avant la maturité complète. Ce sont dans ce cas des pommes de terre dites primeur. Il s’agit en général de variétés précoces. Leur peau fine n’est pas encore formée. très sensibles aux chocs, elles se conservent peu de temps.
Pour les pommes de terre destinées à êtres conservées en cave durant l’hiver, mieux vaut privilégier les variétés tardives ou semi-tardives. Ce n’est que lorsque le feuillage commence à se faner que les tubercules fabriquent leur peau. Celle-ci est complètement formée trois semaines plus tard. L’arrachage peut commencer.

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Après avoir arraché les tubercules à l’aide d’un croc ou d’une bêche, les laisser ressuyer quelques heures si la météo le permet. Les stocker dans un endroit frais et sec à l’abri de la lumière pour éviter qu’elles ne verdissent et deviennent impropres à la consommation. Faire un tri sanitaire au bout de deux semaines environ, afin d’éliminer les tubercules endommagés et non décelés lors de la récolte. Ceux-ci auront eu le temps de pourrir et ne contamineront plus le reste du stock.
Lors de l’achat de vos plants certifiés, les caractéristiques agronomiques sont indiquées sur l’emballage : productivité, précocité, sensibilité aux maladies et aptitudes culinaires. Face à la diversité des variétés proposées, choisissez celle adaptée à l’usage que vous allez en faire en cuisine. Chair ferme pour une cuisson à la vapeur ou rissolée (Belle de Fontenay, Charlotte, Chérie…) ou encore la traditionnelle ratte. Chair farineuse pour purée, frites ou soupe, c’est Monalisa, Bintje ou Désiré… Maiss le plus simple reste quand même de privilégier les variétés ayant une résistance aux maladies correcte.
Très présente dans l’assiette des Français, la pomme de terre s’intègre à toutes les idées repas. Que ce soit revenu à la poêle dans un peu de beurre maître d’hôtel pour les plus gourmets ou cuite à la vapeur pour ceux qui privilégient la cuisine minceur, la pomme de terre s’adapte à tous vos menus.